mercredi 6 février 2019




ESPOIR 2019


Précédemment, nous vous expliquions comment les '€-animaux' récoltés par Skryptia iront en fin d'année 2019 vers les sauvetages de lévriers espagnols (galgos). Beaucoup de personnes ignorent quelle est leur triste histoire, nous vous proposons donc ce petit texte afin que vous compreniez  ce qui nous a fait aujourd'hui choisir cette cause d’urgence et pourquoi nous invitons les particuliers, les bibliothèques et les médiathèques à devenir partenaires de notre démarche du LIRE UTILE.
Voici les faits.




Le galgo est un chien que la tradition espagnole rurale destine à la chasse aux lièvres, ils sont donc lâchés en duo, jusqu’à ce qu’il y ait un vainqueur et un perdant. Il en va de l’honneur du galguero (le chasseur) que le chien attrape le gibier. Dans le cas contraire, la tradition stipule qu’il y a un affront à laver et que cela donne un droit de vengeance au chasseur consistant à faire souffrir l’animal. Ce type de comportement accrédite totalement ce que disait F. Nietzsche « La cruauté est le remède de l’orgueil blessé ». Or, qu’est-ce que l’orgueil, sinon le fait d’être persuadé de sa propre excellence et de se juger supérieur aux autres.
De façon plus vénale cette fois, ces lévriers espagnols ne servent pas à chasser dans le but de se nourrir. En réalité, les proies sont surtout l’occasion de faire s'affronter deux chiens autour de grosses sommes d’argent misées par les « joueurs-chasseurs ». Au final, le chien le moins apte à chasser est éliminé, d’une façon ou d’une autre, parfois par pendaison, notamment par la technique du piano consistant à ce que l’animal meure petit à petit dans la plus grande souffrance. Toutefois, au bout de quelques années, même un chien jugé méritoire sera supprimé, car moins performant et plus assez rentable.

L’entraînement sportif de ces chiens de haut niveau se fait en groupe, il sont attachés derrière des véhicules et obligés de courir, de sorte que les chiens qui ne vont pas assez vite, ou qui chutent, sont traînés, laissés en sang et, bien entendu, ni soignés, ni achevés. Précisons que les lévriers-galgos espagnols n’ont pas le monopole de ce traitement infâme, puisque d’autres chiens de chasse subissent les mêmes maltraitances sous forme de pendaisons, de mutilation, de coups, etc.
Si le chien a donné de bons résultats et que cela a été un « bon galgo », il peut être épargné ou pendu d’un coup avec moins de sadisme. Considéré comme un mauvais chasseur, le galgo est pendu avec les pattes arrière touchant le sol et les pattes avant battant dans le vide, d’où le nom de position du pianiste ("tocar el piano"), jusqu’à l’asphyxie après des heures de vaine résistance sur deux pattes. Il arrive aussi qu’on asperge le chien d’essence pour le brûler vivant. Il est également courant qu’on le tire derrière une voiture sur plusieurs kilomètres, qu’on le jette au fond d’un puits, qu’on le pique à l’eau de javel, qu’on lui brise les jambes en le laissant mourir ou qu’on l’éborgnant. Parfois, on leur bloque la gueule en insérant un bout de bois entre la mâchoire supérieure et inférieure afin qu’il meure de faim et de soif. Bref, cette orchestration sadique et perverse est ainsi faite pour que l’animal souffre le plus longtemps possible.

Fiction ou réalité ? Nous aurions aimé vous dire « poisson d’avril »… Hélas, il n’en est rien !
Terminons ce listage macabre en mentionnant qu’ils sont à l’occasion vendus comme appâts de pêche, utilisés comme cibles vivantes pour le tir ou bien comme proies pour l'entraînement des chiens de combats. Ces galgos sont couramment affamés et rendus squelettiques, comme le confirment les innombrables photos prises par les personnes effectuant des sauvetages ; nous vous épargnons les photos, que ceux qui supportent aillent les voir sur le web, car il y en a beaucoup  Enfin, ils peuvent être abandonnés aux abords de villes et autoroutes, survivant en faisant les poubelles, après que les chasseurs (galgueros) aient pris le temps de leur arracher la puce électronique en ouvrant au couteau le cou des chiens dans le but évident de ne pas être retrouvés.
Les galgos/podencos trouvés par des bénévoles de refuges ont un avenir, tandis que ceux récupérés par la police sont conduits dans une fourrière nommée « perrera », où ils sont généralement gazés au bout de 14 jours dans des conditions de vie que chacun peut imaginer… Je vous laisse envisager le parallèle historique qui peut être fait ici !

Pour en terminer sur une note d’espoir, signalons que de plus en plus de galgueros acceptent de les porter directement dans les refuges lorsqu’ils ne servent plus à la chasse, plutôt que de leur infliger ce qui vient d’être énoncé : c’est un début ! Les associations sont pour beaucoup dans ce changement de comportement. Par ailleurs, de plus en plus d’Espagnols courageux et conscients de cette barbarie se dressent et font leur possible pour que le statut du chien de chasse change, s’organisant souvent en association, et demandant à ce que les galgueros soient sanctionnés. Leur but est que la législation sur le droit des animaux ne soit pas seulement appliquée aux animaux de compagnie. D’autre part, des associations réparties en différents pays oeuvrent également pour que la situation s’améliore, tant au niveau des urgences de sauvetage que des approches du monde politique et institutionnel.
Attention, ne généralisons pas, précisons que ce comportement n’est pas plus représentatif des Espagnols en général que Daesh ne l’est de la communauté musulmane et qu’il faut donc ne pas faire d’amalgame. Toutefois, ces faits existent, il est inutile de les nier ou de les relativiser par quelque subtilité intellectuelle. Il est tout aussi vain de les justifier par des plaidoiries scabreuses, venant nous expliquer qu’on ne peut pas comprendre ni juger cette tradition espagnole. Respecter le principe de la vie passe aussi par le fait de s’arrêter de justifier ce qui ne peut l’être, c’est le cas ici.
Toutes les études scientifiques et tests réalisés montrent que l’animal est pourvu de conscience, d’intelligence, d’émotion et de sensibilité à la douleur. En certains cas, il peut même faire preuve de plus d’intelligence et de compassion que nous-mêmes, mais cela est un autre débat. 

Ce qui vient d’être dit sur le galgo est la réalité brute. Concrètement, plusieurs milliers de ces chiens de type galgos et podencos sont sacrifiés annuellement dans ce pays, selon les méthodes évoquées plus haut. Cette estimation est réaliste et sans exagération, elle est même très inférieure à ce qui est annoncé fréquemment. De toute façon, il n’existe généralement pas de chiffrage officiel lorsqu’il s’agit de pratiques obscures et cruelles, comme celle-ci.

Une petite phrase court sur le web, elle dit ceci : « Quand les humains sont oppressés c’est une tragédie, quand les animaux sont oppressés c’est la tradition ». Doit-on laisser faire ce que nous venons de vous décrire au nom de la tradition ? La réponse unanime des auteurs de Skryptia est NON. Nous avons donc choisi d’aider, dans la mesure de nos moyens, des associations impliquées dans le sauvetage de ces animaux, en leur reversant une partie de nos droits d’auteur. Par ailleurs, nous mettrons en lumière cette année 2019 les parcours de vie de personnes agissant sur le terrain, des personnes ordinaires comme vous et nous, des bénévoles qui partent en convois spéciaux pour sauver le plus de chiens possible. A cet effet, nous  réaliserons un ouvrage basé sur les récits de deux personnes consacrant leurs vies  à ces sauvetages d’urgence... A suivre !

                                                                                                                               Skryptialement vôtre





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