mercredi 26 février 2020



SECOND EXTRAIT
Le lévrier n’est pas un objet, mais une personne non humaine, il est un être vivant comme nous, bien que différent. À ce titre, nous avons un devoir moral à son égard, car c’est notre espèce qui l’a mis dans cette terrible situation. L’aider à se sortir de l’enfer espagnol est aussi une façon, pour nous-mêmes, de ne pas se laisser impressionner par un archaïsme qui ne débouche sur rien de constructif pour nos sociétés, à l’image des divers extrémismes et intégrismes explosant aujourd'hui à peu près pour les mêmes raisons, mais dans des contextes historiques et culturels différents.
Le monde actuel a besoin d’espoir, il cherche à se recréer, à entretenir d’autres liens avec son environnement. Alors qu’on demande à l’Europe de créer un nouveau modèle économico-social, alors qu’on attend d’elle plus d’éthique et d’écologie, comment rendre compatibles de telles demandes avec le calvaire annuel des lévriers ? Si l'Europe souhaite continuer à soutenir son modèle social et être crédible, si elle veut que celui-ci serve d'exemple à d'autres pays situés dans le monde entier, elle doit prendre la parole sur le sujet, car son silence est semblable à un consentement à la cruauté, et pas seulement en ce qui concerne les lévriers. En ne se manifestant pas, nos institutions donnent implicitement leur accord... « Qui ne dit mot consent ! »


LE MOT DE L'AUTEURE

En tant que sociologue cela fait des années que je mets ma plume au service des liens que les humains tissent avec d’autres formes de vie, qu’elles soient minérales, végétales, animales ou autres. Cet ouvrage-ci a une place spéciale dans mon cœur, puisque j’y expose un épisode de ma vie privée.
En adoptant en 2016 Peter Pan, un galgo au lourd trauma psychologique, j’entre de plain-pied dans l’histoire terrible que vivent les lévriers espagnols. Lorsqu’un chien croise notre chemin de vie et que son âme rencontre la nôtre, un lien subtil surgit et laisse une marque indélébile. Celui ou celle qui ignore ce sentiment inconditionnel tissé entre soi-même et un animal est pauvre en conscience et je le plains, qu’il soit galguero, homme politique ou simple citoyen. En dehors de l’amour échangé entre espèces, ce lien subtil nous apprend qu’humain et animal évoluent selon une logique des vases communicants et que la maltraitance envers les animaux rejaillit fatalement sur nous-mêmes, prenant alors la forme de violences individuelles ou sociétales. De tout cela nous parlerons dans cet ouvrage dont le but est de favoriser une réflexion collective.

L’entrée dans la cause des lévriers espagnols fut également pour moi l’occasion de faire connaissance avec les anges gardiens terrestres de ces chiens en détresse, je parle des personnes se démenant sans compter pour en sauver le plus grand nombre, pour les placer en famille d’accueil puis les faire adopter, pour leur apporter des soins et faire connaître cette cause du grand public. Je leur rends hommage ici en restituant quelques-uns de leurs témoignages.


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